Les itinéraires imparfaits

Photos & récits courts de nos randonnées dans les Calanques de Marseille et autres périples.

30 juin 2010

♫ ♪ Samari - Samari - SamariaaaAAAaa ♪ ♫

Samaria, une des gorges les plus spectaculaire d'Europe !

Samaria


Caractéristiques approximatives
:
~ Localisation : Montagnes Blanches sur l'île de Crête
  (Grèce - Parc National de Samaria)
~ Départ : Plateau d'Omalos
~
Arrivée : Agia Roumeli
~ Distance : ~ 16,5 km.
~ Durée : 6 à 7 h. pauses comprises
~ Dénivelé total : ~ 1250 m. négatifs




1_panorama_gorges_de_SamariaCette randonnée nécessite une logistique préalablement réfléchie : vous devez vous faire déposer sur le Plateau d'Omalos à environs 1250 mètres d'altitude et vous faire récupérer en fin de journée à Sfakia, à Paléochora ou à Sougia par exemple. En effet, vous devrez descendre la gorge de Samaria jusqu'au village côtier d'Aghia Roumeli où aucune route n'amène de quelconque véhicule par la terre. Du village, seuls s'imposent, comme issues vers la civilisation, les sentiers du littoral, vers l'ouest (Sougia) ou vers l'est (Sfakia, mais le sentier passe par Loutro et ce village isolé vaut largement le déplacement), seconde solution : le ferry-boat pour ces mêmes destinations d'amarrage. Il est possible de 5_chemin_anti_chutes_de_pierresvisiter la gorge en arrivant le matin à Aghia Roumeli par le premier bateau pour ensuite la remonter en partie ou en totalité, mais cela me parait très physique d'affronter les 1250 mètres de dénivelés dont une majeure partie se trouve être un lit de rivière très accidenté. Il n'y a pas de station de taxi pour vous ramener vers les zones plus habitées de l'île depuis le plateau. Il existe par contre des rotations en cars vers Chania. Le Parc ne se visite au plus tôt qu'à partir du mois de mai, rarement à compter d'avril, et l'accès en est interdit dès la fin octobre car en hiver 17_lit_de_rivi_rele niveau haut des rivières dans les gorges les rendent extrêmement dangereuses. L'entrée dans 8_tronc_recouvert_de_cairnsle Parc National est payante (5 € par adulte), il faut conserver le ticket car il faudra le présenter à la sortie pour permettre aux gardes forestiers de s'assurer que personne n'y traine la nuit. Emmenez également une quinzaine d'euros par passager pour ceux qui souhaitent embarquer sur le ferry-boat. Il est préférable d'être accompagné d'un guide, bien que de nombreux gardes forestiers arpentent le parcours. Il  est également recommandé d'entamer cette rando dès l'ouverture du parc, à 7h30, afin de ne pas se retrouver parmi les deux ou trois milliers de touristes quotidiens amenés par un flot continu de cars sur le plateau entre 8h00 et 12h00. Vous serez très souvent amenés à marcher au pied de falaises où les chutes de pierres, voire de rochers, ne sont pas rares. Donc ne trainez pas trop dans ces zones surtout s'il a plu ou venté récemment, car cela accentue ce risque. Il y a de nombreux points d'eau potable tout au long de la descente, il n'est donc pas nécessaire de se charger de plusieurs litres, une bouteille que l'on re-remplira à volonté suffit. Des toilettes, des bancs, des tables de pique-nique et même des cendriers ont également été disposés sur votre chemin. Pour la gorge en elle-même: les deux ou trois premiers kilomètres sont assez fastidieux pour les genoux. Il ne s'agit que de descente abrupte, en lacet, à flanc de coteaux sur un sentier de 12_chemin_de_caillassepierres glissantes. La plupart des blessures ou des accidents doivent survenir durant cette partie. C'est sur ce genre de chemin que l'on comprend toute l'importance d'être chaussé de godasses de bonne qualité. Mais c'est si bon de se moquer de ceux qui se retrouvent à randonner avec du chatterton autour des pieds pour leur maintenir ce qu'il reste des semelles de leurs paires de basquettes premier prix. Le fond de la ravine atteint, un kilomètre quasi vertical plus bas, nous rencontrons un premier affluent de la rivière Samaria, complètement à sec, que nous suivrons durant près de 5 km. Au point de confluence, nous traversons la rivière principale en constatant que le niveau est effectivement très bas pour un cours d'eau qui est utilisé pour alimenter la moitié de l'île en eau potable. On sautille de rochers en rochers, puis au détour d'un sentier, dans une forêt magnifique, nous débouchons sur une clairière ou la Chapelle d'Agios Nikolaos, typique, trône sous des cyprès crétois tri-centenaires. S'y trouve également un lieu de culte antique, avec murets en pierres sèches restaurés, où des traces d'offrandes (pointes de flèches, reliques païennes, ossuaire d'animaux sacrifiés, etc.) ont été découvertes grace aux fouilles entreprises au siècle dernier.

    15_Chapelle_ancienne       14_vestiges

Je me demande comment les archéologues arrivent à distinguer un pur lieu de culte druidique d'un vulgaire barbecue de chasseurs grecs, mais bon, c'est eux les pros... La descente se poursuit, c'est bien moins raide qu'au départ, mais jusqu'à la mer les montées seront quasi-inexistantes. Le lit de la rivière slalome entre les sommets immenses, plus de 2000 mètres, du Volakias et du Katsiveli. Je ne me suis jamais retrouvé au pied de falaises aussi hautes. 26_pont_du_village_de_SamariaLe paysage se transforme progressivement en canyon. Les deux rives ne sont plus aussi simples d'accès l'une de l'autre. Nous arrivons logiquement à un pont qui permet d'atteindre le village restauré de Samaria. Ses habitants ont été relogé ailleurs dans les années 60 lorsque la gorge et ses alentours ont été classés Parc Naturel. Les maisons servent actuellement aux gardes forestiers qui entretiennent le hameau quotidiennement car c'est l'étape pique-nique idéale pour cette balade. 21_krikriLes femelles "kri-kri", une espèce de croisement entre le chamoix, le bouquetin et la chèvre, s'observent très facilement dans ces murs et ne refuseront pas toutes de goûter à tout ce que vous leur jeterez de comestible. On constate en effet dans leurs yeux et leur attitude farouche qu'il s'agit bien là d'animaux encore complètement sauvages il y a quelques années. Le touriste a remplacé 23_Krikri_m_lele chasseur dans son habitat pour la plus grande satisfaction de leur estomac. Cependant les mâles se montrent normalement très peu, trop craintifs de nature, mais j'ai eu la chance d'approcher un jeune qui m'a carrément mangé dans la main. La taille de ses cornes a forcé mon respect et je lui ai laissé tout mon pain de mie, mon concombre et ma tomate. Après un petit tour dans ces très jolies vieilles pierres, amenées à se casser la gueule au fond du canyon un jour où la rivière aura trop érodé le socle du village, il est temps de reprendre la direction des eaux turquoises de la mer lybienne. A cet endroit le lit de la Samaria est assez large, la végétation se raréfie car les roches charriées par le courant tumultueux du printemps ne doit 30_fossile_de_calamarpas laisser la moindre chance aux petites pousses d'arbrisseaux. Cà et là, très peu d'ombre et il fait très chaud, plus de quarante degrés. De curieux dessins sur la paroi d'un énorme rocher retiennent toute notre attention : il s'agit de magnifiques fossiles marins ! Et il y en a à foison autour de nous, malheureusement on nous conseille de ne pas trop s'attarder car il s'agit justement d'un de ces endroits à risque où ce qui tombe peut tout écraser sur des dizaines de mètres carrés. En plus, vues les falaises qui nous dominent, à droite comme à gauche, l'avalanche terrestre tombe de très haut, on ne doit pas avoir le temps d'avoir mal. C'est tellement impressionnant que j'en éprouve du vertige "à l'envers". En progressant, le rapprochement des parois se fait de plus en plus net, jusqu'aux fameuses "Portes de Fer". Cet entonnoir naturel pour la rivière est la curiosité du site la plus renommée bien que l'explication de son nom m'échappe. Seuls cinq ou six petits mètres séparent les deux falaises qui surplombent harmonieusement nos têtes, on pourrait croire en levant les yeux qu'elles se rejoignent réellement. De prodigieux arbres poussent accrochés à la roche verticale. Notre guide nous a rapporté que dans l'une des nombreuses gorges voisines, celle nommée Aradenas, il existe un passage encore plus étroit ! La sortie du Parc est proche, il faudra tout de même parcourir encore deux ou trois kilomètres pour rejoindre le village saisonnier d'Agia Roumeli et son port.

35_portes_de_fer

Posté par Loule2Mazargues à 08:30 - 4 - A l'essstranger - Commentaires [0] - Permalien [#]

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